1. Portail du savoir
  2. The Global Risks Report 2017 executive summary

Sommaire du rapport sur les risques mondiaux de 2017

26 avril 2017

Depuis plus d’une décennie, le Rapport sur les risques mondiaux se concentre sur l’évolution des risques mondiaux et les liens profonds entre les uns et les autres. Ces tendances se sont révélées particulièrement prononcées en 2016 avec le mécontentement sur le plan politique manifesté dans diverses parties du monde.

The Global Risks Report 2017 executive summary

Depuis plus d’une décennie, le Rapport sur les risques mondiaux se concentre sur l’évolution des risques mondiaux et les liens profonds entre les uns et les autres. Le rapport souligne également que certaines tendances persistantes à long terme, comme les inégalités sociales et l’accentuation des clivages politiques et sociaux, sont susceptibles d’aggraver les risques associés, par exemple, à la faiblesse de la reprise économique et à la rapidité de l’évolution changement technologique. Ces tendances se sont révélées particulièrement prononcées en 2016 avec le mécontentement sur le plan politique manifesté dans diverses parties du monde. Si les signes de perturbation les plus visibles se sont sans doute manifestés dans les pays occidentaux, notamment avec la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne et la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines, le rejet grandissant du statu quo national et international se ressent partout dans le monde.

Portrait des risques mondiaux

L’un des éléments essentiels sur lesquels repose l’analyse du Rapport sur les risques mondiaux est l’Enquête sur la perception des risques mondiaux (Global Risks Perception Survey ou GRPS en anglais), qui regroupe les points de vue de personnes de différents groupes d’âge, pays et secteurs (affaires, éducation, société civile et gouvernement).
Les résultats de l’enquête de cette année font ressortir cinq défis principaux auxquels le monde fait maintenant face. Les deux premiers de ces défis sont d’ordre économique et coïncident avec l’accroissement des disparités de revenus et de richesses, tendance que les répondants jugent être la plus déterminante dans l’évolution de la situation mondiale au cours des 10 prochaines années. Cela met en évidence la nécessité de raviver la croissance économique, mais la montée du populisme contestataire suggère que nous avons sans doute dépassé le stade où une telle stratégie pourrait à elle seule colmater les brèches sociales : il nous faut ajouter au programme une réforme du capitalisme de marché .

Avec la surprise causée par les élections de 2016 et l’émergence en Europe et ailleurs de partis autrefois marginaux prônant la souveraineté nationale et les valeurs traditionnelles, l’aggravation de la polarisation et l’intensification du sentiment nationaliste figurent parmi les cinq premières tendances sociales. Le défi qui en découle consiste à tenir compte de l’importance du sentiment d’identité et de communauté. L’évolution rapide des mentalités par rapport, notamment, au sexe, à l’orientation sexuelle, à la race, au multiculturalisme, à la protection de l’environnement et à la coopération internationale ont amené de nombreux électeurs — surtout les plus âgés et les moins éduqués — à se sentir laissés pour contre dans leur propre pays. Les schismes sur le plan culturel qui en résultent menacent la cohésion sociale et politique et pourraient aggraver bien d’autres risques s’ils ne sont pas résolus.

Même si les mouvements de contestation politique tiennent la mondialisation responsable de la détérioration du marché national de l’emploi, les données tendent à prouver que la gestion du changement technologique constitue un défi plus important pour les marchés du travail. Même si, historiquement, l’innovation a créé de nouveaux types d’emploi tout en en faisant disparaître d’anciens, ce phénomène semble s’estomper. Ce n’est pas par hasard si les problèmes liés à la cohésion sociale et à la légitimité des décideurs politiques coïncident avec une phase difficile de l’évolution technologique.

La protection et la consolidation de nos systèmes de coopération internationale représentent le cinquième principal défi. Par exemple, de plus en plus d’États veulent se retirer de divers mécanismes de coopération internationale. Pour le système mondial, passer définitivement d’une perspective d’ouverture vers le monde à un repli sur soi aurait des conséquences très fâcheuses. Dans de nombreuses régions — surtout en Syrie secouée par une crise qui perdure et provoque un flot migratoire —, il est clair que la coopération internationale exerce une influence importante sur les interconnexions qui définissent le paysage des risques.

D’autres défis nécessitant une coopération internationale appartiennent à la catégorie de l’environnement, qui cette année se démarque dans l’Enquête sur la perception des risques mondiaux. Au cours de la dernière décennie, un groupe de risques liés à l’environnement — notamment les phénomènes météorologiques extrêmes et les ratés concernant l’atténuation des crises de changement climatique et l’adaptation à celles-ci , de même que les crises de l’eau — sont apparus comme un élément central du portrait des risques soulevés par l’enquête, fortement liés à de nombreux autres, dont ceux touchant aux conflits et à la migration. Cette année, les préoccupations d’ordre environnemental occupent plus que jamais le devant de la scène. Les cinq risques liés à l’environnement ont été évalués supérieurs à la moyenne en ce qui concerne leur répercussion et leur probabilité.

GlobalRisks in Terms of Likelihood and Impact

Défis économiques et sociaux

Compte tenu des vives surprises électorales de l’année dernière, nombreux sont ceux qui se demandent si la crise qui frappe les partis politiques traditionnels au sein des démocraties occidentales ne cache pas également une crise plus profonde de la démocratie elle-même. L’étude du premier des trois risques examinés dans la deuxième partie du rapport fait ressortir trois raisons connexes qui tendent à le démontrer : les effets de l’évolution rapide du paysage économique et technologique, l’aggravation de la polarisation sociale et culturelle et l’émergence d’un débat politique « post-vérité ». Ces défis touchant au processus politique mettent l’accent sur les questions politiques telles que rendre l’expansion économique plus inclusive et réconcilier le nationalisme identitaire croissant et la diversité sociale.

Le deuxième risque examiné est aussi lié au fonctionnement de la société et de la politique : il est lié au fait que les organisations de la société civile et les militants individuels subissent de plus en plus de mesures de répression de l’espace civil du gouvernement, qu’il s'agisse de restrictions sur le financement international, de surveillance des activités numériques et même de violence physique. Bien qu’officiellement, ces mesures visent généralement à protéger des menaces à la sécurité, leurs effets se sont fait sentir auprès des établissements scolaires, organismes de bienfaisance et humanitaires, et pourraient nuire à la stabilité sociale, politique et économique.

Un des problèmes sous-jacents au rejet grandissant du statu quo économique et politique est que les systèmes de protection sociale ont atteint un point de rupture. L’analyse du troisième risque examiné révèle que le sous-financement des systèmes publics coïncide avec le déclin des régimes de protection sociale financés par les employeurs. Ceci se produit au moment où l’évolution technologique fait en sorte que les emplois stables à long terme font place au travail indépendant dans une « économie des petits boulots ». Ce chapitre propose quelques innovations qui seront nécessaires pour combler les écarts qui se creusent dans nos systèmes de protection sociale. Ces écarts s’accentuent à mesure que les individus endossent de plus grandes responsabilités relativement aux coûts liés aux risques économiques et sociaux, comme le chômage, la marginalisation, la maladie, le handicap et la vieillesse.

Gérer la quatrième révolution industrielle

La dernière section du rapport se penche sur la relation entre les risques mondiaux et les technologies émergentes de la quatrième révolution industrielle. Nous faisons face à un défi de gouvernance pressant si l’on veut mettre en place des règles, des normes, des standards, des mesures incitatives, des institutions et d’autres mécanismes essentiels pour encadrer le développement et le déploiement de ces technologies. Comment régir les technologies en rapide évolution n’est pas simple : une réglementation hâtive trop imposante peut entraver le progrès, mais un manque de gouvernance peut aggraver les risques tout en faisant naître une incertitude nuisible chez les investisseurs et les innovateurs.

En ce moment, la gouvernance des technologies émergentes est inégale : quelques-unes sont lourdement réglementées, alors que d’autres ne le sont pratiquement pas parce qu’elles ne relèvent de la compétence d’aucun organisme de réglementation. Les répondants de l’Enquête sur la perception des risques mondiaux ont déterminé que deux technologies émergentes devaient absolument faire l’objet d’un meilleur contrôle : la biotechnologie, qui tend à devenir hautement réglementée, mais à un rythme lent, et l’intelligence artificielle (IA) et la robotique, domaine qui demeure peut réglementé. Un autre chapitre se concentre sur les risques liés à l’IA et examine les risques qui surviendraient potentiellement si une plus grande prise de décision incombait aux programmes d’IA et non plus aux êtres humains.Ce chapitre analyse également le débat sur la manière de se préparer, s’il y a lieu, à l’évolution possible des machines dont l’intelligence générale serait plus grande que celle des êtres humains.

Le rapport se conclut sur une évaluation des risques liés à la manière dont la technologie est en train de redéfinir l’infrastructure physique : l’interdépendance entre les différents réseaux d’infrastructures élargit la portée des défaillances systémiques – qu’elles soient dues à des cyberattaques, des erreurs logicielles, des catastrophes naturelles ou autres. Ceci engendre une série d’effets sur les différents réseaux et affecte la société de façons inattendues.

(Le rapport est en anglais.)